Verite
Grève, agitations sociales.Mamadou Sylla crée des problèmes à son ami !
05-01-07 15:04
Il y a: 4 yrs


AUTEUR : BEBEL



Depuis que Lansana Conté a fait la connaissance de Mamadou Sylla, celui-ci ne lui apporte que des malheurs. Tant il est vrai que son ami, loin de l’aider – comme cela se doit en amitié -, lui crée des problèmes pour arranger les siens. Aujourd’hui, l’amitié de Mamadou Sylla avec le président vaut à la Guinée la suspension du programme avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.


Cette même amitié vaut à l’Etat l’affaiblissement de son autorité et au président des tracasseries inadmissibles. Et c’est cette amitié qui est en train d’acheminer le pays dans une situation de convulsions sociales dont nul ne saurait prévoir toutes les conséquences.

 

L’inter centrale syndicale CNTG-USTG après avoir tiré sur la sonnette d’alarme est décidée à déclencher une grève générale illimitée et le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne une série d’actions pour ‘’le changement’’. Deux questions pointent alors le doigt : - un ami doit-il précipiter la chute de son ami ? Un chef doit-il préserver les intérêts de son ami au détriment même des intérêts de l’Etat et du peuple ?

Nul citoyen de cette Guinée ne voudrait que l’on dise un jour que les malheurs et le déclin du régime actuel sont venus de l’amitié entre le président de la République et un homme d’affaires véreux. Si l’on n’y veille, c’est ce qui risque pourtant d’arriver. Pas besoin d’être devin ou d’être enclin au pessimisme pour le déclarer. C’est d’une réalité crue et que tous les Guinéens vivent à des degrés et avec des sentiments divers. Depuis 2004 pratiquement, le problème de Mamadou Sylla est au centre des débats économiques et des mesures exigées pour la lutte contre la corruption et la moralisation de la vie publique. Dans toutes les conclusions pour une sortie de crise de la Guinée, il est ressorti que Mamadou Sylla, le PDG du fameux holding Futurelec, demeurait et constituait (il le demeure toujours) le premier, le second et le troisième problème du pays. Dès que résolu le problème Mamadou Sylla, seront aussitôt réglés tous les problèmes des neuf millions de Guinéens.

La reprise du programme avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale tient du règlement définitif et dans la transparence du contentieux entre l’Etat et le groupe Futurelec appartenant à l’homme d’affaires de Dixinn-Bora. Idem pour la plupart des institutions financières occidentales. Ceci est d’une évidence telle que sitôt l’homme d’affaires épinglé et écroué le 6 décembre, l’on a assisté au déblocage du 9ème FED le 12 du même mois.

Sur le plan interne, l’arrestation de Mamadou Sylla a insuflé une dynamique nouvelle à l’Etat et a rehaussé l’aura du président sur son peuple. Un vent de renouveau et d’espoir avait recommencé à souffler.

Il faut dire que Conté et les neuf millions de Guinéens qui ont tiré le diable par la queue depuis tant d’années par le fait du seul Mamadou Sylla entrevoyaient un dénouement à la crise. Mais c’était sans compter avec les intrigues et les pressions sous le ‘’sceau de l’amitié’’ exercées par le même Mamadou Sylla depuis son cachot de Coronthie. Et c’est au nom de leur amitié que le général Lansana Conté est allé extraire Mamadou Sylla et son complice Fodé Soumah, au point de compromettre le processus judiciaire enclenché. Ce n’est pas tout le général, par souci de cicatriser les plaies de son ami, ira jusqu’à désavouer le bureau intérimaire qu’il a reçu et approuvé après le constat de la perte des droits civiques et civils de Mamadou Sylla. Le 27 décembre, il sera restitué à Mamadou Sylla son passeport diplomatique qui était sous scellé, il lui sera également délivré une ordonnance de restitution des meubles du patronat qui avaient été repris par le bureau intérimaire. Et cerise sur le gâteau, le président de la république le réhabilite de manière on ne peut plus rocambolesque dans ses fonctions, le 2 janvier 2007 ; pour ensuite, après avoir reçu le bureau intérimaire le même jour, déclarer que le patronat le plus performant (patronat version Youssouf Diallo et patronat version Mamadou Sylla) sera reconnu par le gouvernement.

Cette situation - à laquelle on peut ajouter le fâcheux événement lié au décret du 27 décembre qui a rapporté partiellement le décret de remaniement partiel du gouvernement du 22 décembre – a suscité les sentiments les plus mitigés à l’endroit de la justice, de l’autorité de l’Etat et la neutralité du président de la République. L’amitié pour Mamadou Sylla a ainsi poussé le président à compromettre son rôle de libre arbitre et d’ultime recours en se substituant à la justice. Le problème est aussi que la situation socio-économique générale du pays est extrêmement précaire. Le climat social est tendu et exacerbé par des inégalités criardes, des actes d’injustice frustrants, un pouvoir d’achat chaque jour affaibli davantage, bref le tissu social se déchire à l’aune de la misère quotidienne. Ce sont tous ces ferments que viendront trouver la grève du mercredi 10 décembre prochain et les actions sociales pour le changement également prévues à commencer du 15 décembre. Les motifs qui conduisent à la grève sont clairement définis (lire Avis de grève générale de l’inter centrale CNTG-USTG) ; cette grève générale durera jusqu’au rétablissement de l’ordre républicain. Quant aux actions sociales, elles se définissent dans la durée par le changement.

Faudrait-il que Mamadou Sylla ait ensorcelé le général Lansana Conté pour que celui-là sacrifie jusqu’aux intérêts et au bien-être de son peuple pour le préserver dans des droits illégaux et immérités ! Il y a des limites qu’un chef de l’Etat ne franchit pas, pour quelque raison que ce soit, même au nom d’une amitié inédite dans les cas d’indéfectibilité. Entre la vie et l’honneur d’un peuple et la vie et l’honneur d’un individu – qui plus est véreux et malhonnête – l’alternative n’existe pas, on opte en faveur du peuple. D’un autre côté, l’on peut s’interroger sur le type d’amitié qui lie les deux hommes car il est difficile de comprendre le fait que Mamadou Sylla accepte que son ami – si c’en est vraiment un – se fasse du mal pour lui faire plaisir. C’est le moment que le président prenne des actes forts et se déclare clairement sur les options qu’il veut faire prendre à la Guinée le temps restant de son septennat. Mais le tout doit commencer par son reniement de l’amitié porteuse de poisse et de mauvaise guigne de Mamadou Sylla.

 

Bébel








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