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Docteur Rachid Touré a été élu président de la commission électorale nationale autonome (CENA) chargée de superviser, de contrôler le processus électoral. Avant cette élection, tous les membres de cette CENA avaient prêté serment d’agir en toute indépendance dans l’exercice de leur mission. Mais les craintes quant à cette indépendance surgissent aussitôt que l’on interroge l’histoire.
Vendredi 28 octobre dernier, deux évènements majeurs ont marqué les préparatifs des prochaines élections communales et communautaires : la prestation de serment des membres de la Commission électorale nationale autonome (CENA) et l’élection de son président.
Ainsi tous les membres de cette commission chargée de superviser, de contrôler le processus électoral, ont juré de respecter la loi et de garder leur indépendance dans l’exercice de leur fonction. Docteur Rachid Touré, chirurgien-pédiatre, présenté par la société civile a été élu à la présidence de la CENA.
Pour dire le moins, cet homme qui dit consacré l’essentiel de son temps à ses malades, n’est pas un « bleu » en matière d’élection en Guinée.
Il a été tour à tour porté à la tête de l’institution qui gère les élections par l’opposition radicale (la Codem, lors de la présidentielle de 1998) et par le PUP, le parti au pouvoir pour les élections qui ont suivi. Ce qui signifie qu’entre les deux mandats, le docteur avait perdu la confiance de son premier parrain. D’ailleurs le torchon brûlera entre les deux. Et ça Rachid l’a fait savoir le 18 mai 2004 à l’hôtel Camayenne lors du séminaire « presse et élections en Guinée » organisé par l’Ambassade du Canada. Invité pour expliquer le rôle de son institution dans l’organisation des élections en Guinée, il a vite fait de prendre la bretelle pour régler son compte à l’opposition et à …la presse. Ci-après, quelques morceaux de son intervention : ‘’ J’ai reçu la plupart de ces opposants à l’Etranger donc je les connais tous’’, ‘’je n’accepterai jamais qu’ils disent n’importe quoi sur moi car moi je suis né dans une concession clôturée’’, ‘’ils (les opposants, NDLR) font écrire du n’importe quoi sur moi par des journalistes sous l’effet du Whisky’’, et tutti quanti. Rachid Touré très amer fut aidé par son accompagnateur du jour qui déclara sans fioriture : ‘’ si nous ne soutenons pas ces opposants, c’est parce que nous les connaissons bien’’
Pour ces déclarations qui clouent au pilori une des parties engagées dans des prochaines joutes électorales, le docteur Rachid Touré ne présente pas des gages d’indépendance. D’ailleurs toutes les élections qu’il a supervisées ont été contestées par l’opposition. Et par d’autres observateurs.
Ibrahima S. Traoré
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